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Tableau tissé : Clair obscur

13avr
  • Tableau tissé : Clair obscur

Clair Obscur

C’est au début de la renaissance que l’art pictural mènera à son apogée, l’utilisation du clair obscur. Les confrontations de clarté intense et de pénombre, dessinent les contours des sujets, leurs donnant un aspect irréelle, comme hors du temps. Le clair obscur appuie la notion de mystère qui entoure la vie. Il sera poussé jusqu’au « ténébrisme » par Le Caravage.

Georges De la Tour  jouera sur une palette de sensations beaucoup plus large que son prédécesseur, qui utilisera cette atmosphère pour décrire des scènes troubles. Dans « Le tricheur à l’as de carreau » , elle ajoute une tension dramatique à la scènes ou se joue la duplicité. Comme elle soutient également la notion de mystère qu’entourent certains thèmes de la vie, telle la naissance dans : « le nouveau né ».

Les sujets végétaux sont couramment traités en tapisserie. Des « mille fleurs » du moyen âge, aux grandes pièces décoratives des XVII et XVIII ème siècles, en passant par les tapisseries d’Audenarde, nommées « feuille de choux » en raison de l’opulence de leurs feuillages, la place des végétaux est presque constante dans les décors tissés. Qu’ils agrémentent l’arrière plan d’une scène mythologique ou guerrière, ou forment le sujet principal du tableau, leurs présences va bien au delà de l’intention esthétique.

 La végétation symbolise dans toutes les cultures, l’unité fondamentale de la vie et, tout naturellement, celui du développement des possibilités détenues dans la graine, à partir de la matière indifférenciée que représente la terre. Par analogie aux mythes de la naissance de l’homme, pétrit d’un peu de terre, sa teinte verte est dite couleur humaine.

Format 81 cm x 60 cm

chaîne coton/trame laine

2600 euros

Le tissage sur le continent indo-européen

06avr
  • Le tissage sur le continent indo-européen

Sur le continent indo-européen, c’est au Moyen-Orient, dans la région qu’occupe aujourd’hui la Syrie, que s’est développé l’art textile. C’est vers 1500 av. J.C. que l’élaboration puis la diffusion de techniques qui donnèrent naissance à des tissus d’un grand raffinement, firent l’admiration au point, que, « syrien » devint le nom synonyme de tisserand. De par l’étendue de leur territoire entre l’Orient et l’occident, les perses contrôlèrent le commerce des soies chinoises. Ce commerce, s’ajoutant à leur propre production de soie, dont ils maîtrisèrent la fabrication à partir de l’ère chrétienne, fit de la Perse le centre de fabrication des tissus précieux. La technique du samit caractéristique des quelques soieries sassanides parvenues jusqu’à nous, fut importé par les artisans syriens. Bon nombre émigrèrent devant la main mise de l’empereur byzantin Justinien, sur la fabrication des étoffes précieuses et de sa limitation à ne les attribuer qu’à lui-même et aux membres de sa cour. Peu d’exemplaires ont été conservés mais cependant, l’influence graphique des tissus sassanides se répandit. On en retrouve les compositions et les thèmes, sur des tissus coptes, chinois, byzantins, musulmans mais également sur des œuvre italiennes et espagnols allant du XII ème au XV ème siècle.

tissage_bouble chaine_etoffe-coton-evolisse_lyon

Les tissus coptes nous sont parvenus en bien plus grand nombre. Successivement gouvernés par les grecs (-306 à – 30 av. J.C.) , les romains (- 30 à 395 ap. J.C.) , les byzantins (395 à 619) puis les perses (619 à 629) , les nombreuses influences se succèdèrent et produisirent un art original aux multiples facettes et aux thèmes variés. Ces populations originaires de la vallée du Nil, se christianisèrent progressivement à partir du II ème siècle. C’est pourquoi on y trouve fréquemment représentées, des thèmes de la mythologie biblique.

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les tisserands de l’époque musulmane vont perfectionner les techniques et les outils. En plus des métiers haute et basse lisse, apparus très tôt en Egypte et en Grèce, ainsi que du métier à la tire – fruit des artisans syriens au III ème siècle – ils découvrent le métier à pédale en provenance de chine. L’essor et le commerce de leurs productions ont laissé au vocabulaire textile des termes comme Mousseline ( de l’arabe mausilî de Mossoul), Damas (capitale de la Syrie), Taffetas (du turco-persan signifiant tissé)

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Au cours du XIII ème siècle, les italiens, qui jusque là faisaient commerce des pièces tissées en provenance d’Asie Mineure, de Perse et de Syrie et en raison des troubles provoqués en méditerranée orientale par les invasions mongoles, vont progressivement monter leurs propres ateliers.

Sources: « le tour du monde illustré des techniques traditionnelles. John Gillon et Bryan Sentance. Ed: Alternatives;  « Soieries sassanides, coptes et byzantines » Musée historique des tissus de Lyon. Ed de la réunion des musées nationaux;  « L’art textile » Michel Thomas, Christine Mainguy, Sophie Pommier. Ed: Skira

Evolisse à la Foire de Lyon

30mar
  • Evolisse à la Foire de Lyon

Evolisse était présent pour l’édition 2015 de la Foire de Lyon, du 27 au 29 mars, pour les journées européennes des métiers d’art. A cette occasion, j’ai effectué une démonstration de tissage sur métier haute lisse. Dans un contexte ou il est difficile et peu pertinent de se concentrer sur son travail, j’ai choisi de tisser une petite salamandre en « ombre chinoise » sur un fond uni.

Tissage en cours

Lors de mes conversations avec les observateurs qui s’attardent autour du métier, j’apprends que la salamandre, communément appelé « Margouillat »,  est un des emblèmes de l’île de la réunion. On en retrouve le dessin stylisé sur de nombreux vêtements et bijoux. Elle y a la réputation d’être porteuse de bonnes nouvelles et de chance, lorsqu’elle pousse son cri sept fois de suite.

Très présente dans les bestiaires du moyen âge, elle représente le « juste qui ne perd point la paix de son âme et la confiance en dieu, au milieu des tribulations ». On lui attribuait la capacité de vivre dans le feu sans s’y brûler. C’est cette réputation qui incita François Ier à en faire son emblème. Elle est représentée sur ses armoiries au milieu de flammes, accompagnée de la devise « J’y suis et je l’éteins ». Pour les alchimistes, elle est le symbole du principe actif qui agit sur le mercure :  le souffre.

Journées Européennes des Métiers d’Art

22mar
  • Journées Européennes des Métiers d’Art

Dans le cadre de la neuvième édition des « Journées Européennes des Métiers d’Art », la Chambre des Métiers et de l’Artisanat du Rhône accueille de nombreux Artisans d’Art, au sein de la Foire de Lyon. Le métier Haute Lisse sera présent, Hall 3 F 26, les 27, 28 et 29 mars.

C’est sur le modèle des foires de campagne, qui se pratiquent depuis le XIIème siècle, que les foires de Lyon sont initiées à la renaissance et ont connu un quasi monopole de 1500 à 1550, par décret royal. C’est Charles VII qui, en 1420, ordonne trois foires annuelles. En contrepartie, interdiction est faite aux exposants d’aller commercer à Genève.

La Foire de Lyon , sous sa forme actuelle voit le jour en 1916. Le palais de la foire construit pour l’accueillir est aujourd’hui l’emplacement du Musée d’Art Contemporain de Lyon, tandis que depuis 1985, elle s’installe à Eurexpo.

Abîme, une création originale en relief

16mar
  • Abîme, une création originale en relief

Quand la verticale s’enfonce, c’est un abîme de ténèbres, lorsqu’elle s’élève, c’est un abîme de lumière.

La tradition sumérienne en fait le flot sur lequel repose le maître du monde. Pour les anciens grecs, c’est le vide ou « chaos » et sa profondeur béante. Dans la mythologie égyptienne, Atoum, portant en potentialité  toutes les existences, fait un énorme effort pour se dresser au dessus de l’abîme de l’indifférencié. Les mythes nordiques en font la séparation entre les deux mondes du froid et du feu, avant la création. Dans la bible, il est envisagé comme un monstre. C’est le Léviathan, monstre du chaos primitif , directement emprunté à la mythologie phénicienne.. Il s’y trouve également décrit comme un manteau qui enveloppe la terre.

Dans toutes les légendes de la création du monde, l’abîme, tel les monstres mythologiques, avale les êtres pour les recracher transformés. Espace indéfini entre deux mondes, du chaos des origines aux ténèbres infernales, il représente les positions indifférenciées de l’existence. Signifiant tout aussi bien l’indétermination de l’enfance que la décomposition, il dépeint les états informels et l’inconscient collectif.

 

Abîme

Format 45 cm x 45 cm

Chaîne coton / trame laine

2500 €

 

Le châle Cachemire

14mar
  • Le châle Cachemire

Les teintures végétale, ainsi que les caractéristiques du tissages atteste un authentique châle indien de la province du Cachemire. L’ornementation permet de le dater de la fin du XVIII ème siècle. Les mites y ayant fait de nombreux dégâts, le choix se portera sur une conservation.

Cette étoffe précieuse est tissée à partir du duvet qui se trouve sous le cou de chèvres vivant dans les hauteurs du Tibet. Prélevé au printemps, lors de la mue, sa douceur incomparable la réserve à la confection de tissus précieux. C’est par le biais des tisserands du Cachemire que son usage se répandit en occident. C’est dés le XVème siècle que ceux-ci adoptèrent cette laine douce et souple pour réaliser des tissus aux entrelacs complexes, destinés aux hommes des familles princières, qui en ceignaient leurs taille. L’ornement qui le caractérise est nommé « boteh », terme persan qui signifie « bouquet de fleur ». Il est à noter que cette ancienne principauté, que ce déchirent aujourd’hui, l’Inde, le Pakistan et la Chine fut le berceau du bouddhisme.