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La tapisserie à travers le monde

20août

L’art de la tapisserie remonte à l’antiquité. Le fragments le plus ancien retrouvé sur le continent Indo-Européen et daté de 1450 av J.C, a été retrouvé dans la tombe de Tout Ankh Amon,. Cette technique d’expression textile, tout comme la broderie – qui prévaudra en Europe jusqu’au XII ème siècle et se développe parallèlement à celle-ci – se prête à la réalisation de dessins complexes. C’est la raison principale pour laquelle elle connaît un essor constant.

En Amérique , notamment la région ou se trouve l’actuel Pérou, de nombreux témoignages ont été préservés grâce aux  rites funéraires, incluant la présence de pièces textiles.

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Le pourtour méditerranéen, ainsi que le Moyen Orient et l’Extrême Orient sont riches de vestiges de tapisseries antiques. Les coptes, tout particulièrement privilégièrent cette technique de tissage.

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En chine, des fragments de fines tapisseries de soie ont été découverte dans la grotte aux Mille Bouddhas.( dynastie T’ang – 755 à 907 ap. J.C.)

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Les origines de la tapisserie occidentale sont mal connues. L’on suppose que les trois croisades du XII ème au XIII ème siècle, et notamment le sac de Constantinople, a été l’occasion de prélever de nombreuses étoffes. De même des tisserands occidentaux ont pu accompagné les croisés, tout comme des artisans orientaux ont pu émigré vers l’Europe.

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La tapisserie de Saint Géréon, conservée au Musée des Tissus de Lyon, marque d’indéniable influence orientale. Le griffon qui en orne le centre est représenté depuis la plus haute antiquité en Inde et en Perse.

Sources : « L’art textile » Michel Thomas – Christine Mainguy – Sophie Pommier. Ed Skira

 

Le stoppage

20août

Réparation d’un accroc sur un tissu

Comme l’indique le définition du dictionnaire Larousse, le stoppage est une action qui a pour but de retenir, de garder quelque chose, d’en interrompre l’acheminement. Ici, il s’agit de la rénovation du tissu à l’emplacement d’une déchirure qui ne fera que s’agrandir.

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Dans le domaine du textile, le stoppage est une opération qui consiste à retisser un manque sur un tissus du à un accroc, une brûlure de cigarette, du mitage ou quelques autres incidents ayant créés des trous. Cette méthode de restauration textile est plus particulièrement adapté aux étoffes vestimentaires mais, également à certaines pièces d’ameublement.

La finesse des tissages concernés rend ce travail très exigent. Le respect de l’entrecroisement des chaînes et des trames, ainsi que de la tension de celles-ci est indispensable à l’aboutissement d’un résultat discret. Toute erreur d’inattention rendra le résultat caduque.

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Ce métier, aujourd’hui en voix de disparition, est aussi ancien que le métier de tisserand dont la naissance est évaluée vers 8500 ans av. JC. Avant l’industrialisation du textile, il était courant de faire appel à ce savoir-faire pour préserver les vêtements. Depuis la mécanisation et plus particulièrement la mondialisation de la production textile à bas coût, ce sont surtout les pièces textiles de hautes qualités qui nécessitent d’être préservées.

 

Restauration textile

16août

Restauration de tapis et tapisseries

Le terme de rentrayage est un des plus anciens termes professionnels encore utilisé à ce jour. Son nom évoque parfaitement l’action qui y est associée car il s’agit de rentrer de nouvelles chaînes dans une zone de tissage ou celles-ci sont manquantes.

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Il est plus particulièrement utilisé pour la restauration des tapis et tapisseries, ces types de tissage ayant la caractéristique de recouvrit entièrement les chaînes.

La conservation des tapisseries utilise plus rarement cette technique qui se trouve réservée au sujet centraux, si ceux-ci se trouvent détériorés. Elle est par contre très largement appliquée pour la restauration des tapis. Le piétinement auquel ils sont soumis exige des restaurations complètes et d’une solidité égale à celle de leurs fabrications initiales. Il est parfois utiliser pour assembler les éléments  d’une pièce tissée en deux parties,  en raison d’un format important.

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Le rentrayage permet d’intervenir sur de gros manques, en reconstituant l’intégralité du tissage et du dessin manquant. Un retissage à l’identique permet à la pièce de retrouver son intégrité. La densité de matière des tapis et tapisseries permet une reconstitution systématique invisible sur l’envers autant que sur l’endroit.

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Aujourd’hui, souvent associé aux pièces historiques, il retrouve ses lettres de noblesse, par un renouveau des pièces tissées mains, notamment dans le domaine du tapis.

La route de la soie

16août
  • La route de la soie

Le terme «  Route de la soie », date du XIXème siècle, en référence aux commerce de la précieuse soie, dont les chinois conservèrent les secret de fabrication durant trois milles ans. Il dénomme les routes terrestres que les différentes conquêtes et alliances, chinoises, romaines et perses, ouvrirent aux commerces des épices, étoffes, pierres et métaux précieux. Elle était constituée d’une multitude de routes commerciales, allant de Chang’an ( aujourd’hui, Xi’An ), en Chine jusqu’à Antioche, en Syrie et bien peu la parcourir dans son intégralité.

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Initiée au IIème siècle par le général chinois Zhang Qian, la route de la soie traverse l’Asie Centrale, permettant ainsi de commercer de l’Europe à l’Asie. Celui-ci scella des accords avec les Parthes, les Indiens, les Sogdiens afin de garantir la sécurité des routes caravanières,

Au fils des alliances le trajet des routes s’est modifié, faisant disparaître de grands centres d’échanges tandis que d’autres naissaient. Ainsi de nombreux vestiges de villes antiques entières, jadis prospères, ont-ils été mis à jour au Xinjiang, au Kyrgyzstan, au Tajikistan, au Turkmenistan, en Uzbekistan, au kazakhstan… D’autres comme Samarkande, en Ousbekistan sont restées des centres de négoces privilégiés tout au long des seize siècles que durera la prévalence de cette voie commerciale.

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Cette voie sera l’occasion de nombreux échanges culturels, religieux, artistiques et d’innovations techniques. Le textile bénéficia également de cette voie de communication, par la diffusion des techniques de tissage propre à chaque région, et dont les artisans ont su exploité toutes les possibilités, avec beaucoup d’art, depuis l’antiquité. Les religions également voyageront, apportant leurs influences culturelles et morales. Le bouddhisme, né en Inde au Vème siècle av . J. C, se répandra très rapidement sur la route de la soie et aura de nombreux adeptes jusqu’au IXème siècle. C’est pourquoi l’on trouve les vestiges de monastères et de temples bouddhistes sur les routes empruntées par les caravanes.

Les types de tissage sur métier à tapisserie

10août

Les tapis et tapisseries se tissent sur des métiers semblables. Compte tenu de leur poids, les tapis  sont plus généralement destinés aux sol. Depuis toujours au moyen- Orient on fabrique des tapis, dans toutes les couches de la société, nomades comme sédentaires, populaires ou élitaires, pour en faire un usage pratique dans la vie de tous les jours.

La Laine, le coton et la soie forment la matière première des tapis. La laine de mouton, de chèvre ou de chameau est la fibre la plus employée. Utilisée de manière pratique ou décorative, la tapisserie a traversé le monde et les époques. Aujourd’hui présente dans toutes les cultures et toutes les formes, tapis de sol, tapisseries murales, textile d’ameublement…

Le tapis à points noués

 

Le Tapis de Pazyryk, conservé au musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg est le plus ancien exemplaire que l’on connaisse, il daterait du Vème siècle avant J-C.

Il aurait été tissé dans le sud-ouest du Caucase. La fracture raffinée de cet ouvrage semble confirmer que le tissu à points noués avait, dès ses origines, une fonction esthétique.

La technique se serait rependue à la faveur des grandes migrations vers l’ouest, en Perse, en Anatolie,  vers l’est en Chine et plus tard vers le sud en Inde.

Son velours formé par les nœuds du tapis, le distingue des ouvrages tissés à plat.

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Le nœud asymétrique ou point Senneh.

Le nœud asymétrique ou point Senneh.

 

Le nœud est formé autour d’un seul fil de chaîne.

Les deux extrémités du brin se trouvent séparées par le fil de chaîne,
le nœud ainsi formé peut être « ouvert » à droite ou à gauche.

Il donne au tapis une grande souplesse.

Méthode Persane, importé aux atelier de la savonnerie.

Le nœud est formé autour de deux fils de chaîne
en faisant ressortir entre ceux ci
les deux extrémités du fil qui constituent
ainsi une touffe de velours.

Il apporte plus de rigidité au tapis.

Le nœud symétrique ou point Ghiordès.

Le nœud symétrique ou point Ghiordès.



Le nœud  sur chaîne simple ou Espagnol.

Le nœud sur chaîne simple ou Espagnol.


Le nœud est formé en enroulant le brin autour d’un seul fil de chaîne,
alternativement paire ou impaire, en faisant ressortir les deux bouts
de part et d’autre du fil de chaîne.

C’est cette technique peu utilisée en dehors de l’Espagne,
qui donnera naissance au tissu velours.


Le Jufti

Version du Nœud symétrique et asymétrique obtenu en enroulant le nœud autour de quatre fils de chaîne au lieu de deux pour accélérer le temps de production, il était à l’origine appliqué pour obtenir des effets de relief particulier.

Les Kilims

Les Kilims sont des tapis plat, sans velours, réalisés selon le procédé des fissures.

Les Kilims sont des tapis plat, sans velours, réalisés selon le procédé des fissures.

 

La trame discontinue s’interrompt d’une couleur à l’autre.

Il apparaît donc entre les zones chromatiques des fissures verticales.

Cette technique a donné naissance aux premières tapisseries.

Pour éviter les fissures on a modifié l’armure du tissage.


Les Soumaks

 

Le fil de trame passe sur trois ou quatre fils de chaîne
puis revient sur un ou deux, formant des dessins obliques.

L’effet de relief ainsi créé, s’approche de celui de la broderie.

Les Soumaks sont exécutés avec la technique des trames enroulées.

Les Soumaks sont exécutés avec la technique des trames enroulées.


Le Joval et le Torba

Des  sacoches à points noués typique du Turkestan Occidental que l’on accrochait à l’intérieur de la yourte. Ornée de franges dans la partie inférieur, elles faisaient office de coffre.


Les tapisseries occidentales : Du Moyen Âge à nos jours

16juil

La tapisserie est pratiquée dans de nombreuses régions du monde, depuis l’antiquité. Les fragments les plus anciens, encore conservés aujourd’hui, nous viennent d’Égypte et datent du début du christianisme. Même si les textes antérieurs au XIVème siècle restent vagues, la tapisserie sur métier était pratiquée depuis l’antiquité. Les comptes de Philippe le Hardi nous renseignent sur une très large utilisation de pièces tissées, destinées aussi bien à couvrir les lits ou les sièges, que les murs.

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« La Moisson des Élus » – Extrait de « l’Apocalypse » d’Angers – Année 1380.

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« La Crucifixion » – Année 1410

Quelques exemples de « carreaux », prévus pour servir de coussins, témoignent encore aujourd’hui de la fonction de tissu d’ameublement assurée par les tapisseries du Moyen-âge. Les princes et nantis de cette époque avait encore des habitudes de vie nomade, ces textiles leurs permettaient de se protéger du froid. Les pays au climat parfois rigoureux font préférer, aux décors peints, les tentures qui réchauffent les murs. Par extension, le décor liturgique des églises est à son tour réalisé en tapisserie et l’on conserve quelques spécimens de devants d’autel, le plus souvent fort précieux.

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Tapis Espagnol – Année 1400

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« La Noble Pastorale » – Année 1500

En raison de la longue domination Arabe, l’Espagne est le seul pays d’Europe qui compte une haute tradition dans l’art du tapis, remontant au XIIème siècle, avec la production de chinchilla. Elle est techniquement identifiable par l’emploi du nœud Espagnol, ou nœud sur chaîne simple. Ces premiers exemplaires, aujourd’hui très rares ont même été exportés en Égypte, ou des fragments ont été retrouvés.

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Grotesque XVIème – Année 1550

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« Le Sacrifice de Lystra » – Année 1560

À partir du XIVème siècle, apparaissent les décors historiés, beaucoup plus élaborés que les motifs végétaux, animaliers ou héraldiques auxquels on s’était limité jusqu’alors.  Les régions les plus productrices de tapisseries étaient, à cette époque, le nord de l’Europe et notamment la Flandre et les Pays Bas. Les villes d’Arras, de Bruges et de Bruxelles comptaient de nombreux ateliers qui fournirent toute l’Europe.

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« Moïse sauvé des Eaux » – Année 1640

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« L’Hivers » – Année 1664

La destination de certaines des œuvres, aujourd’hui conservées, restent pour nous une énigme. L’exemple le plus frappant est fourni par la célèbre tenture de « L’Apocalypse » d’Angers. Le lieu ou pouvait être tendue cette immense suite composé de 6 pièces, de 6 mètres de haut, dont chacune mesurait plus de 20 mètres de long est inconnu. Les dimensions de la cathédrale d’Angers, ou elle fit un long séjour, se sont révélées insuffisantes pour qu’on l’y déploie aisément.

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« La Savonnerie » – Année 1667

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« Histoire de Scipion » – Année 1689

En France sous l’impulsion d’Henry IV au XVème siècle, pour limiter l’importation de tapis d’Orient, le tapissier Pierre Dupont crée un atelier sous la galerie du Louvre. De même, pour limiter l’importation de tapisserie en provenance du nord de l’Europe, la manufacture des  Gobelins (dont le nom vient de Jehan Gobelin, célèbre teinturier de XVème siècle) est créé en avril 1601.

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Les Gobelins – Année 1728

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Nature morte – Année 1734

C’est à la renaissance que l’attrait pour les tapisseries gagne les seigneurs et les bourgeois dans une bonne partie de l’Europe. Les sujets inspirés de la bible, de la mythologie grec et romaine, de l’histoire antique ou contemporaine, y côtoient ceux des romans à la mode. L’homme de la rue avait souvent l’occasion de profiter des tapisseries. Lors des défilés solennelles des souverains, elles étaient utilisées pour décorer les façades des maisons. Dans les églises elles participaient à la gloire de dieu et à l’éducation religieuse.

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« Tenture des Portières des Dieux » – Année 1736

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La Négresse portée dans un Hamac » – Année 1742

Sous Louis XIV seront réunis les ateliers de tapisserie des Gobelins et des tapis de la savonnerie, ainsi nommés pour avoir été initialement installés dans les locaux d’une fabrique de savon désaffecté. Il plaça ainsi la France à la première place, dans le domaine de la tapisserie en Europe. Le thème le plus représenté dans ce siècle fut « l’histoire d’Artémise », dont l’inventaire du mobilier de la couronne dénombre 79 pièces tissées sur ce sujet.

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« La Collation » – Année 1762

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« Napoléon » – Année 1815

Au XVIIIème siècle apparaît, en grand Bretagne les premières manufactures de tapis noués, du type de la savonnerie, fondée par des maîtres français. En France, de par le goût de Louis XV pour la chasse, les tapisseries abandonnent les scènes glorieuses du siècle précédent pour des sujets consacrés à la nature. Le traitement des feuillages et des végétaux y évoque, par voie de symbolisme, les quatre saisons.

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Pictura Art Céramique Gobelins – Année 1881

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La Sirène et le Poète – Année 1899

Au XIXème siècle, la tapisserie assujettit à la peinture, par un tissage très fin et une gamme de ton très étendue perd sa place d’art à part entière et peu d’artistes s’y intéressent. Les tapisseries anciennes reviennent cependant au goût de jour, vers la fin du XIXème siècle, chez les amateurs et collectionneurs de meubles anciens, en Angleterre, en France, en Italie.

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« Le Jardin des Roses » – Année 1904

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« La Toge » – Année 1925

La tapisserie est associée au renouveau des arts décoratif dés le début du XXème siècle. C’est Grâce à Jean Lurçat, fort de son expérience dans la technique de la laine, que ce renouveau s’accomplit. Il rassemble autour de lui de nombreux artistes et fonde l’association des peintres cartonnier de tapisserie. Le succès de cette initiative est énorme et de nombreux ateliers se créent. L’art de la tapisserie connaît une diffusion international entre 1940 et 1960.

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« Orphée » – Année 1950

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